Entre programmation, manipulation d’images et expérimentation visuelle, Thomas Collet transforme les erreurs numériques en véritables œuvres d’art. Connu sous le nom de Chepertom, cet artiste brestois s’inscrit dans le courant du glitch art.
Chepertom, un artiste issu de La Cambre
Formé à l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre à Bruxelles, Chepertom développe une pratique artistique à la croisée de l’art et du code. Son approche repose sur une compréhension fine des systèmes numériques et de leur fonctionnement interne.
Grâce à la programmation informatique, il intervient directement sur la structure des fichiers images, créant volontairement des altérations et des dysfonctionnements visuels. Cette méthode lui permet de produire des œuvres uniques, où le hasard et le contrôle coexistent.
Le glitch art : quand l’erreur devient création
Le glitch art est un mouvement artistique qui valorise les bugs, les corruptions de données et les anomalies numériques. Contrairement aux standards technologiques qui visent la perfection, cette approche fait de l’erreur un matériau créatif.
Dans le travail de Chepertom, le glitch devient un outil d’exploration visuelle :
• Déformation des pixels
• Altération des couleurs
• Fragmentation des structures
• Perturbation de la lisibilité
Ces interventions révèlent les limites du numérique et transforment l’image en un espace instable, en constante mutation.
Paysages, architectures et scènes industrielles détournées
L’univers visuel de Chepertom s’appuie sur des images issues du réel : paysages naturels, architectures urbaines et environnements industriels. Ces éléments familiers sont ensuite soumis à des processus de dégradation numérique.
Le résultat produit une tension visuelle forte :
• Les structures semblent se désagréger
• Les perspectives se fragmentent
• Les textures deviennent instables
Ce travail de déconstruction met en lumière les mécanismes invisibles de l’image numérique, tout en questionnant notre capacité à interpréter ce que nous voyons.
Une réflexion sur notre perception des images
Au-delà de l’aspect esthétique, Chepertom interroge le rôle des technologies dans notre rapport au monde. Dans une société dominée par les écrans, l’image numérique est souvent perçue comme une représentation fiable.
En introduisant volontairement des erreurs, l’artiste crée une rupture qui pousse à s’interroger :
• Peut-on encore faire confiance aux images numériques ?
• Les technologies modifient-elles notre perception du réel ?
• Le bug révèle-t-il une vérité cachée ou une illusion supplémentaire ?
Ses œuvres deviennent ainsi des outils critiques, invitant à une lecture plus consciente et distanciée des images.
Art numérique et programmation : une nouvelle matière
Le travail de Chepertom s’inscrit dans une tendance majeure du digital art contemporain : l’utilisation du code comme médium artistique. Ici, la programmation ne sert pas uniquement à produire une image, mais devient un langage créatif à part entière.
En manipulant directement les տվյալ numériques, l’artiste agit sur la matière même de l’image. Cette approche rapproche le glitch art d’autres pratiques expérimentales, où le processus de création est aussi important que le résultat final.
Chepertom, figure montante du glitch art français
Avec une signature visuelle reconnaissable et une démarche conceptuelle forte, Chepertom s’impose comme un acteur notable de la scène artistique numérique française. Son travail, à la fois esthétique et critique, s’inscrit dans une réflexion contemporaine sur les technologies, leurs limites et leurs impacts.
En faisant du bug un point de départ, il transforme l’erreur en révélation et propose une nouvelle manière de regarder le monde numérique.
